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jeudi 8 septembre 2016

Les pourparlers entre Obama et Poutine échouent, la guerre syrienne menace de dégénérer



Une réunion de 90 minutes lundi entre le président américain Barack Obama et son homologue russe Vladimir Poutine en marge du sommet du G20 à Hangzhou, en Chine, n’a produit aucun résultat sur un accord entre les deux pays au sujet de la guerre civile en Syrie.

Des rapports sur la réunion ont parlé de l’atmosphère tendue entre les deux dirigeants. Pour sa part, Obama a cherché d’une façon absurde à afficher une pose de profonde préoccupation au sujet de la situation humanitaire en Syrie et a blâmé Moscou et ses alliés dans le gouvernement d’Assad à Damas pour la poursuite des violences.
L’échec de la trêve précédente avait permis à Assad de bombarder les groupes « rebelles » d’opposition « en toute impunité », a entonné Obama, ce qui aurait rée une « dynamique très dangereuse ».
Hier, les médias occidentaux ont alimenté ce récit en rapportant largement comme des faits des allégations non confirmées selon lesquelles le gouvernement Assad a lancé une attaque au gaz de chlore à Alep. Les affirmations étaient fondées sur une vidéo mise en ligne par la Défense civile syrienne, une équipe de sauvetage qui opère dans les zones contrôlées par les opposants au gouvernement. Il est allégué que quatre bombes baril contenant des gaz toxiques ont été larguées, blessant 80 personnes.
Par le passé, les États-Unis ont à plusieurs reprises sauté sur ce genre d’allégations afin de préparer le terrain pour une intervention militaire directe. À chaque fois, les affirmations se sont révélées fausses, dont la plus connue en 2013 quand Obama a reculé au dernier moment avant une véritable guerre contre le régime Assad.
Les allégations sont survenues dans le sillage d’avancées militaires importantes du gouvernement au détriment des forces de l’opposition autour d’Alep.
  • Indiquant la possibilité d’une escalade rapide du conflit, le président turc, Recep Tayyip Erdogan,dont le gouvernement dirige actuellement une invasion dans le nord de la Syrie pour chasser les militants kurdes et les forces de l’État islamique de la frontière turco-syrienne, a réagi à ces combats en suggérant que les troupes turques pourraient dégager un couloir humanitaire à Alep.
  • Il a réitéré son appel à une « zone de sécurité » entre les villes de Jarabulus et Azaz, une démarche qui créerait une justification pour le déploiement en Syrie des troupes de l’OTAN, y compris celles des puissances impérialistes européennes.
Selon un reportage de Reuters, les responsables turcs font appel à un soutien international pour établir leur contrôle sur une zone de 40 kilomètres à l’intérieur de la Syrie afin de séparer deux zones contrôlées par les Kurdes à l’est et à l’ouest. Un responsable turc anonyme a commenté que seules les premières étapes de ce plan avaient été accomplies, avant d’ajouter sur un ton menaçant, « Maintenant, ce qui se fera dépendra de la coordination avec les puissances de la coalition et du soutien qu’elles fourniront ».
La tentative d’Obama et des médias capitalistes américains de dissimuler les machinations américaines en Syrie par la propagande sur les droits de l’Homme ne devrait tromper personne.

Washington a fait la guerre pratiquement sans interruption au cours du dernier quart de siècle à travers le Moyen-Orient, dévastant des sociétés entières, y causant la mort de millions de personnes. Les appels à l’aide humanitaire et à des zones de sécurité sont des prétextes transparents pour légitimer une vaste intensification de l’intervention impérialiste en Syrie.

Même au cours des deux dernières semaines, depuis que le secrétaire d’État John Kerry rencontra le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à Genève pour discuter de la Syrie, ce sont bien les États-Unis et leurs alliés turcs qui ont provoqué l’escalade la plus significative de la violence avec une invasion en règle du nord du pays. Les troupes turques et leurs alliés islamistes sunnites n’ont pas caché le fait qu’ils avaient l’intention de cibler les forces kurdes et de les pousser à l’Est de l’Euphrate. Les États-Unis soutiennent ces mêmes forces kurdes avec armes, finances et entraînement pour qu’elles leur servent d’intermédiaires dans la campagne de Washington contre l’État islamique.
L’armée turque a annoncé ses premiers décès hier, lorsque deux soldats ont été tués dans une attaque à la roquette par les forces de l’ÉI. Dimanche, les troupes turques auraient chassé les combattants de l’ÉI de leur dernier bastion à la frontière turque.
Malgré le soutien de Washington pour cette intervention d’Ankara avec la puissance aérienne et des « conseillers » militaires sur le terrain sans limites claires, Obama a persisté après sa rencontre avec Poutine à présenter la Russie comme l’agresseur.

Selon The Washington Post qui cite une source de la Maison Blanche, l’administration Obama serait «à bout de patience» et donnerait «un dernier avertissement» à la Russie en Syrie.