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samedi 27 août 2016

Syrie : toujours pas d’accord Russie-USA. La Turquie y envoie encore des chars


Quoique «fructueuses», d’après les termes du secrétaire d’Etat américain John Kerry, les 12 heures de pourparlers qu’il a eus avec son homologue russe n’ont pas rapproché les positions des Etats-Unis et de la Russie sur la coopération militaire contre la milice wahhabite takfiriste Daesh (Etat islamique-EI) et la cessation des conflits en Syrie.

C’est ce qu’a  déclaré le porte-parole du Pentagone Peter Cook, à  l'issue de l’entretien qui a lieu à Genève, vendredi.

Selon l’AFP, l'un des principaux points de désaccord entre les deux pays concerne Alep, deuxième ville de Syrie.

Kerry a annoncé que les discussions avec Lavrov avaient apporté "de la clarté en vue d'avancées" mais les deux responsables ont fourni peu de précisions quant au renouvellement de la trêve de février et les interventions humanitaires.

"Certaines contradictions dans ces discussions visant à parvenir à des solutions durables ont été réduites, mais comme l'a déclaré le secrétaire Kerry, il reste encore des questions qui doivent être examinées. Il n'y a pas d'accord pour le moment," a toutefois tempéré  M.Cook.
Lavrov: Pas de séparation kurde
Au terme de ces discussions, les déclarations des dirigeants de deux pays semblaient aller dans des directions différentes.

Lavrov a tenu à affirmer que les Kurdes syriens devaient rester une partie de l'Etat syrien.

"Je suis convaincu que les Kurdes doivent rester une partie de l'Etat syrien, une composante de la solution au problème et non pas un facteur utilisé pour diviser la Syrie, car alors cela provoquera une réaction en chaîne dans l'ensemble de la région, ce qui n'est dans l'intérêt de personne", a-t-il dit à l'issue des négociations.

La position américaine qui voudrait que les kurdes syriens restent à l’est du fleuve de l’Euphrate n’est pas clair la-dessus.

Maison Blanche: pas de zone tampon

La Maison Blanche elle a trouvé bon de tracer les limites de l’intervention turque en Syrie.

« L’établissement d’une zone tampon en Syrie est hors de question en Syrie », a dit son porte-parole Josch Ernest.

Sachant qu’Ankara voudrait évoquer cette question lors des pourparlers avec Washington et Moscou. Cette zone devrait servir de couper la continuité géographique entre les différentes régions de contrôle kurde au nord de la Syrie.

Selon le responsable américain, l’objectif de l’offensive turque lancée avec le soutien de la coalition internationale dirigée par les États-Unis est défini d’avance : celui de libérer Jarablos de Daesh, et d’assoir l’emprise de l’Armée syrienne libre à sa place. Son temps est lié à la réalisation de l’objectif, a-t-il défini.

Encore chars turcs 



Cette déclaration est d'autant plus suspecte que, sur le terrain, la Turquie continue d’envoyer de nouveaux chars dans le nord de la Syrie, pour le troisième jour consécutif.

Samedi matin, six chars turcs sont entrés en territoire syrien, a constaté un photographe de l'AFP dans le village de Karkamis, à la frontière turque.

Le photographe a affirmé avoir entendu des explosions sporadiques alors que les rebelles soutenus par Ankara s'affairaient à désamorcer les engins explosifs laissés par les combattants de l'EI à Jarablos.

Selon l’AFP, citant le quotidien Hurriyet, après trois jours d'opération, la Turquie maintient désormais 50 chars et 380 soldats en Syrie.
 
Pour Ankara, en conflit avec les Kurdes sur son propre territoire, cette opération vise entre autres à empêcher les Kurdes syriens de former une ceinture continue le long de sa frontière, qui menacerait directement la sécurité du pays.
 
 Les Kurdes attaqués

Plus tôt samedi, des rebelles pro-kurdes en Syrie avaient indiqué avoir été ciblés par des frappes aériennes turques.

"Des avions turcs ont bombardé nos positions ce matin dans le sud de Jarablos et le village de Til-Emarne où vivent des civils", a annoncé dans un communiqué le Conseil militaire de Jarablos, lié au Forces démocratiques syriennes (FDS) pro-Kurdes.

Selon lui, la frappe de l'Armée de l'air turque sur le village d'Amarna a fait plusieurs victimes civiles.
"Avec cette agression, une nouvelle période du conflit va s'ouvrir dans la région", a-t-il ajouté.
 
Par ailleurs, des affrontements ont éclaté samedi entre combattants soutenus par les forces kurdes et des chars turcs dans le nord de la Syrie, selon une ONG et une source kurde.

Sources: AFP, Sputnik, Al-Alam