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jeudi 9 avril 2015

Yémen : Téhéran envoie des navires de guerre dans le Golfe d’Aden

L'Iran a envoyé sa 34ème flotte navale dans le Golfe d'Aden et dans le détroit de Bab al-Mandab pour assurer la protection des routes maritimes, a rapporté mercredi Press TV.

"La flottille qui comprend le navire de logistique Bushehr et le destroyer Alborz, a quitté la ville portuaire iranienne de Bandar Abbas mercredi", a annoncé le commandant-amiral de la marine iranienne, Habibollah Sayyari, cité par le site chinois Xinhua.

La flotte "assurera la protection des navires commerciaux iraniens et protègera les intérêts de la République islamique d'Iran en haute mer", a-t-il souligné, ajoutant que la flottille entend également assurer la protection des navires contre les pirates. Les navires devraient patrouiller dans le secteur pendant trois mois, selon les médias iraniens.

L'Iran avait déjà envoyé, dans le passé, des flottes pour ce genre de mission dans le Golfe d'Aden. Mais cette nouvelle initiative pourrait bien s'inscrire dans le cadre des frappes aériennes lancées par la coalition arabo-américaine contre le Yémen.

L’Égypte a également envoyé des navires dans cette région pour participer au bombardement du Yémen.

 

 

 

La coalition arabe accuse l'Iran d'interférer au Yémen, mais Téhéran nie fermement.

 

Rohani dénonce les frappes qui tuent des "enfants innocents"

 

De son côté, le président iranien Hassan Rohani a dénoncé jeudi les frappes aériennes sur le Yémen qui tuent des "enfants innocents", sans toutefois nommer directement l'Arabie saoudite, chef de file de la coalition arabe.

"Ne tuez pas les enfants innocents. Un grand peuple comme celui du Yémen ne se rendra pas avec des bombardements", a déclaré M. Rohani à l'adresse des "pays de la région", ajoutant que "tout le monde doit penser à la fin de la guerre, au cessez-le-feu et à l'aide humanitaire" dans ce pays.

"Pourquoi massacrez-vous les gens?", a demandé Hassan Rohani raillant les "quatre avions" qui frappent "un pays faible sur le plan militaire".

L'Unicef fait état de 74 enfants tués depuis le début de l’agression.

M.Rohani a également demandé à la coalition de faire "machine arrière". "La solution, c'est la fraternité, l'amitié", a affirmé le président iranien, soulignant qu'il fallait "instaurer la paix et la stabilité dans la région".

 

L'Iran a tenté cette semaine de rallier le Pakistan, la Turquie et Oman, des pays ayant des liens avec l'Arabie saoudite en vue de faciliter le dialogue intra-yéménite pour trouver une solution politique au conflit. M. Rohani a également accusé de mensonges ceux "à l'autre bout du monde" qui disent s'inquiéter du sort de la région, sans préciser à quel pays il faisait allusion. Si c'était le cas, "pourquoi encouragez-vous les agresseurs?", a-t-il demandé.

 

Le Président de la Commission de la sécurité nationale et de la politique extérieure du parlement iranien, Alaeddin Boroujerdi, a pour sa part affirmé que « l’Arabie s'imaginait qu’avec quelques jours de bombardement, elle pourrait faire main basse sur le Yémen et d’en prendre le contrôle. Mais, elle ne se rend pas compte qu’elle s'enlise dans un bourbier qui affecterait ses propres intérêts».

 

Les USA ont commencé à ravitailler en vol les Saoudiens

 

Entre-temps, l'armée de l'Air américaine a commencé à ravitailler en vol les avions de chasse de la coalition qui bombardent le Yémen, a annoncé mercredi le Pentagone, cité par l’AFP.

Le premier ravitaillement a eu lieu mardi soir. Un KC-135 Stratotanker de l'US Air Force a fourni du carburant à un F-15 saoudien et à un F-16 de la flotte des Emirats arabes unis, a indiqué le colonel Steven Warren, un porte-parole du Pentagone.

"Les avions ravitailleurs vont sortir tous les jours", a dit le colonel Warren.

Une douzaine de soldats américains travaillent avec leurs collègues saoudiens dans une base de Ryad, selon des responsables militaires américains. Le président Barack Obama a promis d'apporter un soutien logistique et de renseignement à la coalition dirigée par les Saoudiens, entrée en guerre contre le Yémen, le 26 mars.

 

Ansarallah accuse le Président démissionnaire de complicité avec Al-Qaïda


Au niveau politique, le porte-parole du mouvement yéménite Ansarallah a réitéré que « le Président démissionnaire coopère ouvertement avec l’organisation terroriste d’Al-Qaïda ».

Cité par l’agence iranienne Irib, Mohammed Abdessalam, a expliqué que le président démissionnaire, Abd Rabo Mansour Hadi, avait mis à l’époque où il était au pouvoir à Sanaa des bases militaires de l’armée à la disposition de ce groupe, et après son installation au Sud du Yémen il a dirigé la guerre et le conflit sous une autre forme. Evoquant la récente libération des prisonniers membres d’Al-Qaïda à Aden au sud, le porte-parole du mouvement Ansarallah a déclaré : « c’est une coopération flagrante entre Abd Rab Mansour et Al-Qaïda. Il a fait fuir les prisonniers membres de ce groupe terroriste de la prison centrale d’Aden. » a-t-il insisté pour dire que la crise ne touche pas seulement les villes d’Aden, d’Abyan ou de Chabwa, mais tout le sud et cela suite à l’infiltration grandissante d’Al-Qaïda dans ces régions.

Raids nocturnes contre des bâtiments résidentiels

Sur le terrain, l’armée yéménite et les forces révolutionnaires (Houthis) ont sécurisé ce jeudi la ville de Anaq capitale de la province de Chabwa au sud, où ils pourchassent les miliciens de Daesh et d’Al-Qaïda, a rapporté le correspondant d'AlManar. Cependant, les avions de chasse saoudiens ont mené des raids contre différentes régions du Yémen.

 

Selon la chaîne arabophone iranienne, Al-Alam, des dizaines de personnes ont été tuées dans les bombardements d’un marché au nord de la capitale Sanaa. Les bombardements ont également visé des appartements dans la région de Wadi Baghlan, à l’ouest de Sanaa. Plusieurs civils ont perdu la vie. La société des télécommunications au nord de la capitale a elle aussi été visée.

 

L'OMS révise à la hausse son bilan à 643 morts

 

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a révisé à la hausse mercredi le bilan des personnes tuées au Yémen depuis le 19 mars à 643 morts et 2.226 blessés, dans un communiqué publié par le bureau régional de l'organisation, en charge du secteur Méditerranée orientale.

Mardi, un porte-parole de l'OMS à Genève avait fait état d'un bilan d'au moins 540 morts et 1.700 blessés. Les deux bilans sont datés du 6 avril.

 

L'OMS a également indiqué mercredi que le bilan des pertes humaines était susceptible de changer dans les prochains jours, car de nouveaux cas sont encours de vérification.

Selon l'OMS, 15,9 millions de personnes sont touchées par les violences en cours au Yémen, et il y a 334.093 personnes déplacées à l'intérieur du pays. En outre, l'OMS fait état de 254.413 réfugiés à l'étranger. "La situation humanitaire est critique, il y a des coupures de courant", et ainsi que des pénuries d'eau et d'essence, indique l'OMS. L'Organisation a préparé une aide médicale qui attend le feu vert de la coalition pour acheminer au Yémen depuis Dubaï, où elle est stockée. Elle a estimé à 61,87 millions de dollars les besoins en matière de santé au Yémen.

 

Source: Divers médias