Translate

jeudi 13 février 2014

Révélation tardive: Un commando de snipers a mis hors d`usage une centrale électrique en Californie



  

 

Pendant 19 minutes, avec la plus extrême précision, un groupe, – disons, un commando de snipers a attaqué une centrale touchant avec une efficacité évidemment chirurgicale des points sensibles de la centrale entraînant des perturbations de fonctionnement considérables. L’attaque fut très particulière, et sans doute la première du genre : Le plus intéressant est que l’information vient de déclarations publiques qui viennent d’être faites et qui n’ont guère eu d’échos dans les médias. Il semble qu’il y ait eu au départ des informations venues d’un ancien officiel, puis relayées bientôt par des sources effectivement officielles. L`incident a été qualifié d’“attaque terroriste domestique le plus significative contre le réseau électrique du pays”. Aucune arrestation n’a pu être opérée, aucune piste sérieuse n’a été localisée. Certaines hypothèses avancent l’idée d’une “répétition” pour une attaque plus importante et plus significative.
D’autre part encore, le FBI n’a aucune information sur rien, et qui décrète pourtant qu’il ne s’agit pas d’une organisation terroriste, alors que l’attaque représente évidemment une réelle organisation d’une opération de commando. Aussi, un responsable a rappelé le thème d’une possible attaque contre des installations de nucléaire civil (un “Fukushima américain”, écrit-il dramatiquement), se plaçant ainsi, objectivement, du côté des forces antiterroristes qui sont en général dénoncées comme adversaires des dissidents anti-Système aux É-U même.

L’impression générale laissée par cet événement si incertain, – ce côté public et pourtant sans le moindre écho médiatique sérieux, – soumis à des interprétations qui le sont tout autant, – un tel acte de terrorisme doit-il être ressenti, y compris par des “dissidents”, comme une attaque contre les É-U, ou bien s’agit-il d’un acte de colère intérieur, un acte contre le “centre fédéral” et toutes les organisations qui le représentent, concrètement ou symboliquement, – cette impression générale reflète le désarroi régnant aux É-U. On trouve divers courants de communication très contradictoires qui alimentent ce climat si incertain. D’un côté, les nombreuses rumeurs de militarisation, les achats massifs de munition par le Home Security Department, l’équipement quasi-militaire des polices, le durcissement de la répression, bien entendu le réseau de surveillance de la NSA, tous ces actes qui sont considérées par une partie importante de l’opinion publique comme des mesures d’exception mises au point par le “centre” contre le citoyen. D’un autre côté, la très grande faiblesse d’information concernant certains événements, rapidement étiquetés comme “accidents industriels” (comme l’explosion de l’usine de fertilisants industriels de Waco, au Texas, le 17 avril 2013) et qui pourraient aussi bien être le résultat d’attaques terroristes. Enfin, l’attaque elle-même, d’avril dernier, qui ne renvoie à aucun type d’acte de terrorisme habituel, qui ne cherche aucune publicité médiatique et de communication, qui semble rechercher une efficacité calculée, qui montre effectivement cette efficacité et semble échapper à tous les réseaux habituels de renseignement, c’est-à-dire ne cherchant nullement à exploiter dans un sens ou l’autre le système de la communication. (Même l’hypothèse d’une opération de provocation des autorités n’a guère de sens, en raison de l’absence complète de publicité autour de l’événement, qui réduit son effet de communication et son effet psychologique d’autant.)
 
... En d’autres temps, un tel événement aurait été mis sur le compte des impondérables et incontrôlables de la vaste population des États-Unis, avec sa diversité extrême et ses habitudes de violence. Aujourd’hui, une telle interprétation paraît infiniment plus difficile, jusqu’à se demander si, en d’autres temps, un tel événement, dans les conditions où on le décrit, eût été possible... Finalement, les conditions même de discrétion, d’absence de recherche de publicité, de non-exploitation de la communication, représentent un cas assez inédit, comme une sorte de recherche de l’effet par absence d’effets. Les pressions de la situation de critique du monde font que, de moins en moins de choses, d'incidents, de tensions sont laissées au hasard aujourd'hui. Tout prend une signification aujourd'hui, même le silence et l'ignorance de l'acte.
 
Extraits de Rorschach