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mercredi 5 août 2015

Obama/Iran: la crédibilité des USA sera détruite si le Congrès rejette l’accord


 

Le président américain Barack Obama a estimé mercredi que la crédibilité des Etats-Unis serait "perdue" si le Congrès, dominé par ses opposants républicains, rejette l'accord sur le nucléaire conclu entre l'Iran et les grandes puissances.

 

Si le congrès "tue cet accord", "nous aurons perdu quelque chose de plus précieux, la crédibilité de l'Amérique comme leader diplomatique.

 

La crédibilité de l'Amérique comme ancre du système international", a dit le président dans un long discours mercredi défendant l'accord signé avec l'Iran à la mi-juillet.

 

Obama brandit le spectre d'une guerre

 

L'alternative à l'accord sur le nucléaire iranien serait une nouvelle guerre au Moyen-Orient, a encore mis en garde le président des Etats-Unis, exhortant le Congrès, dominé par ses adversaires politiques, à ne pas torpiller le texte.

 

"Un rejet de l'accord par le Congrès laisserait toute administration américaine absolument déterminée à empêcher l'Iran de se doter d'une arme nucléaire face à une seule option: une autre guerre au Moyen-Orient. Je ne dis pas cela pour être provocateur. C'est un fait", selon lui. La probabilité que les élus américains entravent ce texte historique est faible. Mais les parlementaires sont en plein débat sur le sujet et une résolution de désapprobation de l'accord sera probablement adoptée avant le 17 septembre. Le président pourra toutefois y opposer un veto qui ne pourra ensuite être stoppé qu'à la majorité des deux tiers.

 

Pour appuyer son propos, il a invoqué le discours prononcé par son prédécesseur John F. Kennedy dans la même enceinte universitaire en 1963. Le président démocrate y avait prôné la paix avec l'Union soviétique face aux craintes d'un conflit nucléaire.

M. Obama a aussi pointé du doigt les va-t-en guerre de l'administration Bush.

"Beaucoup de ceux qui ont milité pour la guerre en Irak, font désormais campagne contre l'accord sur le nucléaire iranien", a-t-il déclaré.

 

Obama critique envers "Israël"

 

Le débat sur l'accord de Vienne a considérablement refroidi les relations entre les Etats-Unis et "Israël", qui prétend que sa sécurité est menacée. Barack Obama n'a pas ménagé son allié lors de son discours, désignant "Israël" comme étant le seul « pays » à s'être publiquement exprimé contre l'accord. "Toutes les nations du monde qui se sont publiquement exprimées, à l'exception du gouvernement israélien, ont apporté leur soutien" au texte a affirmé Barack Obama dont le discours était retransmis et traduit en hébreux à la radio publique israélienne.

 

Il a promis d'être ferme à l'égard des Iraniens. Si l'Iran triche sur le nucléaire "nous pourrons les attraper et nous le ferons", selon ses propres termes. Enfin, il a concédé que la levée des sanctions laissait à Téhéran le champ libre sur la gestion de son économie.

 

Une partie des fonds débloqués par la levée des sanctions sera consacrée à des "activités terroristes" (allusion aux forces de résistance anti-israélienne), a-t-il prétendu. Mais pour le président américain, l'essentiel de l'argent devra être consacré par les autorités iraniennes à améliorer la situation de la population qui a souffert de plusieurs années d'asphyxie économique provoquée par les sanctions internationales. Même "un régime aussi répressif que l'Iran ne peut ignorer les espoirs" suscités parmi la population, a-t-il déclaré.

 

Source:  AFP