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mardi 31 mars 2015

Le New York Times, après le Washington Post, publie un appel à bombarder l’Iran

Après avoir imité le Washington Post en publiant un éditorial préconisant le bombardement sans provocation de l’Iran, le New York Times poursuit sa dérive pour devenir guère plus qu’une feuille de propagande néocon. Si deux grands journaux, par exemple en Russie, avaient publié des éditoriaux prônant ouvertement le bombardement sans provocation d’un pays, par exemple, Israël, les médias et le gouvernement américains se seraient embrasés pour dénoncer « l’agression », « la criminalité », « la folie », et « un comportement indigne du XXIe siècle.» Mais quand les journaux sont américains -le New York Times et le Washington Post -et que le pays cible est l’Iran, personne dans le gouvernement et les médias américains ne sourcille. Ces articles incendiaires -des incitations au meurtre et à la violation du droit international -sont considérées comme de simples discussions normales au pays de l’ « exceptionnalisme ». Jeudi dernier, le New York Times a publié un éditorial qui a exhorté au bombardement de l’Iran comme une alternative à un accord diplomatique qui ralentirait fortement le programme nucléaire iranien et garantirait son usage à des fins pacifiques. Il y a deux semaines, le Washington Post a publié un article similaire, genre « il-faut-bombarder-l’Iran ». L’article du Times de John Bolton, un érudit néo-conservateur de l’American Enterprise Institute (AEI), était intitulé « Pour arrêter la bombe de l’Iran, bombardez l’Iran. » Il suivait l’éditorial du Washington Post par Joshua Muravchik, ancien de l’AEI et maintenant membre du School of Advanced International Studies à l’Université Johns Hopkins, dominé par les néocons. Les deux articles appelaient les Etats-Unis à monter une campagne de bombardement soutenue contre l’Iran pour détruire ses installations nucléaires et promouvoir un « changement de régime » à Téhéran. Ironiquement, ces « savants » rationalisèrent leurs appels à une agression non provoquée contre l’Iran en vertu de la théorie selon laquelle l’Iran est un Etat agressif, bien que l’Iran n’ait pas envahi un autre pays depuis des siècles. Bolton, qui a servi comme ambassadeur du président George W. Bush à l’ONU, a fondé son appel à la guerre sur la possibilité que si l’Iran cherche à développer une bombe nucléaire –ce que l’Iran nie et ce que les services de renseignement américains confirment –un tel événement hypothétique pourrait déclencher une course aux armements au Moyen-Orient. Curieusement, Bolton a reconnu qu’Israël a déjà développé un arsenal d’armes nucléaires non déclaré en dehors des contrôles internationaux, mais il n’a pas appelé à bombarder Israël. Il a écrit allègrement que « Ironiquement peut-être, les armes nucléaires d’Israël n’ont pas déclenché une course aux armements. D’autres États de la région ont compris -même s’ils ne peuvent pas l’admettre publiquement -que les armes nucléaires d’Israël ont été conçues comme un moyen de dissuasion, et non comme une mesure offensive ». Bolton n’explique pas comment il parvient à lire dans les pensées des voisins d’Israël qui ont été les victimes des invasions israéliennes et autres attaques transfrontalières. Il n’envisage pas non plus la possibilité que la possession par Israël de quelque 200 bombes nucléaires pourrait êêtre présente à l’esprit des dirigeants iraniens s’ils décident de développer l’arme nucléaire. Bolton n’explique pas non plus son hypothèse que si l’Iran fabriquait une ou deux bombes, il les utiliserait de manière agressive, plutôt que s’en servir comme un moyen de dissuasion. Il affirme simplement : « L’Iran est une autre histoire. > Extraits: le grand soir via almanar.com