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mercredi 1 avril 2015

Yémen: Ansarullah à Bab Al-Mandeb, l’Arabie poursuit ses massacres

Les bombardements saoudiens intensifs contre les différentes régions du Yémen n’ont pas empêché le mouvement Ansarullah (Houthis) d’avancer et prendre le contrôle d’une base militaire donnant sur le détroit stratégique de Bab Mandeb, sur les bords de la mer Rouge.

 

 

 

Dans l’après midi de mardi, l’armée yéménite appuyée par les forces d’Ansarullah ont avancé vers la région de Dabab dans la province de Taez (sud).

Des sources sécuritaires ont annoncé que les soldats de la 17ème division, dirigée par le colonel Mohammad Sabari qui est chargé d’assurer la protection du détroit de Bab Mandeb a remis sa base militaire aux Houthis.

Selon des sources yéménites, citées par AlManar, l’armée est actuellement positionnée le long de la ligne côtière séparant le port de Makha (Taez) du détroit de Bab Mandeb.


Ce détroit stratégique sépare Djibouti et le Yémen, la péninsule arabique et l'Afrique et qui relie la mer Rouge au golfe d'Aden, dans l'océan Indien. C'est à la fois un emplacement stratégique important et l'un des couloirs de navigation les plus fréquentés au monde.

Ces succès interviennent au moment où le porte-parole de la coalition arabe, conduite par l'Arabie saoudite, Ahmad Assiri déclarait que la coalition contrôlait totalement l’espace aérien et les ports du Yémen.

Sur le terrain, l’Arabie a poursuivi le bombardement des zones résidentielles. Plusieurs yéménites ont évoqué une ressemblance entre les massacres saoudiens et ceux commis par les forces d’occupation israélienne à l’encontre des Palestiniens. L'aviation et la marine saoudienne ont bombardé tôt mercredi Aden (sud), deuxième ville du Yémen, après une nuit de raids contre la capitale Sanaa.


A Aden, la grande ville du sud du Yémen, les bombardements se sont concentrés sur un complexe de l'administration provinciale à Dar Saad, dans le nord de la ville, a indiqué l'AFP.

Le QG de la 5ème Brigade, loyale à l'ex-président Ali Abdallah Saleh allié aux Houthis, a été visé dans le nord d'Aden, ainsi que l'aéroport international, dans le centre-ville, selon la même source.

Dans la nuit de mardi à mercredi, les raids saoudiens ont visé une laiterie à Hodeida, ville portuaire de l'ouest du Yémen. 25 yéménites sont tombés en martyre et 28 autres ont été blessés, selon le correspondant d’AlManar.

"Il y a eu 37 morts et 80 blessés" parmi les employés, a plus tard déclaré le gouverneur de Hodeida Hassan Ahmed al-Haï.

Une partie de l'usine a été dévastée par l'explosion et des recherches étaient toujours en cours mercredi pour tenter de dégager d'autres victimes éventuelles, a-t-il ajouté à l'AFP.

La télévision panarabe AlMayaden a fait état d'une centaine de victimes et de blessés suite au raid visant la laiterie.

Six autres civils ont péri dans un raid aérien visant le port de Maydi dans la province de Hajja (nord-ouest), selon des sources médicales, citées par l’AFP.


Manipulation de l’AFP

Or, l’AFP a tenté pour la deuxième fois d’innocenter l’Arabie de ces massacres.

Selon l’AFP, les circonstances exactes de ce bombardement restent imprécises. Des témoins ont affirmé que des Houthis avaient tiré des obus en direction de l'usine après que leur position proche a été visée par un raid aérien de la coalition. D'autres, au contraire, ont indiqué que la laiterie avait été touchée par un missile tiré par un avion.

Cette même démarche a été adoptée par l’AFP à l’issue du bombardement saoudien (lundi) contre le camp de déplacés al-Mazrek (nord ouest de Sanaa), qui a tué et blessé plus de 300 civils.

Pourtant, l’Arabie a reconnu le lendemain du massacre d'être derrière le bombardement du camp des déplacés, évoquant des dommages latéraux.


Au moins 62 enfants tués depuis une semaine, selon l’Unicef

Au moins 62 enfants ont été tués et 30 autres blessés dans les bombardements saoudiens visant le Yémen depuis une semaine, a annoncé l'Unicef mardi.

"Les enfants doivent absolument être protégés, et toutes les parties dans ce conflit devraient faire tout ce qui est en leur pouvoir pour protéger les enfants", a déclaré Julien Harneis, représentant de l'Unicef pour le Yémen, qui se trouve actuellement en Jordanie.

"Les combats ont gravement endommagé les services sanitaires les plus rudimentaires ainsi que le système éducatif", souligne encore l'Unicef, le Fonds des Nations unies pour l'enfance, dans ce communiqué.

Et l'organisation de citer "l'insécurité alimentaire généralisée et la malnutrition" comme problèmes affectant les plus jeunes.


Sur la côte, des navires de guerre bloquent les accès maritimes.

Des agences d'aide humanitaire ont signalé mardi leurs difficultés à acheminer un soutien crucial pour la population civile via la frontière saoudienne, alors que la logistique est compliquée par la fermeture des principaux aéroports et ports du pays, en raison de la guerre.


Une intervention terrestre n'est "pas nécessaire" pour l'instant

Une intervention terrestre au Yémen n'est "pas nécessaire" pour l'instant, a affirmé mardi le porte-parole de la coalition dirigée par l'Arabie saoudite qui mène depuis sept jours des raids aériens contre le Yémen.

"Pour le moment, une intervention n'est pas nécessaire", a affirmé Ahmed Assiri, le porte-parole saoudien de la coalition composée de neuf pays arabes.

Mais une telle nécessité peut apparaître "à tout moment", a-t-il nuancé.


Le Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique, est frontalier de l'Arabie saoudite, où a trouvé refuge depuis samedi le président yéménite démissionnaire Abd Rabbo Mansour Hadi ayant fui son pays.

Assiri a prétendu que les raids de la coalition étaient destinés à bloquer l'avancée des Houthis vers Aden, et expliqué que d'autres frappes dans le nord, bastion des Houthis, visaient à "les empêcher d'avancer vers la frontière saoudienne".

Ryad justifie la mort des civils: "des dommages collatéraux"


Il s'est justifié après les critiques d'Amnesty International, sur la mort d'au moins six civils, dont quatre enfants, figurant parmi quatorze personnes brûlées vives après un raid de la coalition qui a visé mardi avant l'aube la province d'Ibb (centre du Yémen).

"S'il y a des civils tués (...) ce n'est pas le but de l'opération. Les dommages collatéraux peuvent se produire", a-t-il estimé.


Amnesty a accusé la coalition de "fermer les yeux" sur les morts de civils.

Le porte-parole a en outre reconnu implicitement la responsabilité de la coalition dans une autre attaque qui avait fait 40 morts lundi dans un camp de réfugié du nord-ouest du Yémen, en indiquant que "la coalition a été visée par des miliciens depuis une zone résidentielle et l'aviation a dû répliquer".


Le Yémen au bord de l'effondrement total

Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme a lui averti que "le pays semble être au bord de l'effondrement total".

Le Comité international de la Croix-Rouge a indiqué mardi ne pas avoir obtenu les garanties de sécurité nécessaires pour faire atterrir au Yémen un avion chargé de matériel médical.

Dans ce contexte, l'Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) a recommandé aux compagnies aériennes d'éviter le survol du Yémen.


HRW : Riyad utilise des armes prohibées

L’ONG américaine Human Rights Watch a fait état du recours de l’Arabie saoudite aux armes prohibées dans le bombardement du Yémen.

HRW a annoncé, dans un communiqué cité par l’agence iranienne IRIB, avoir en sa possession des documents prouvant l’usage d'armes prohibées par le régime saoudien dans les frappes aériennes contre le territoire yéménite.

«L’aviation saoudienne fait usage d'armes prohibées, dont des bombes à sous-munition dans le bombardement des zones d’habitation, des villes, des bases militaires et des installations yéménites», a indiqué le communiqué de HRW.


Et d’ajouter : «les responsables, auprès du ministère yéménite de l’Intérieur, proches d’Ansarallah, ont fourni des documents sur les victimes du raid saoudien du 26 mars contre Sanaa». A noter que ce raid a fait 23 martyrs et 24 blessés dans les rangs des civils.

Selon HRW, le bilan fourni par les responsables yéménites et les informations collectées auprès des hôpitaux du Yémen sont conformes à la réalité.


Source: AlManar + As-Safir+ AFP + Irib