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vendredi 21 mars 2014

Le nuage stellaire G2 sur le point d`être avalé par un trou noir



Personne ne sait véritablement quand le festin se produira. Sagittarius A*, le trou noir supermassif tapi à 26 000 années-lumière de la Terre, au centre de notre galaxie, la Voie lactée, devrait se délecter prochainement d'un énorme nuage de gaz baptisé G2. Au printemps 2014, disent les dernières estimations. À la fin de l'année 2013, disaient les précédentes. Certains ont avancé la date du 28 mars 2014. Les signes avant coureur de l`arrivée de la vague de photons et de rayons X et Gamma sont un nombre plus élevé de tremblements de terre et possiblement de volcans. Fait à noter, le volcan Hekla est au code rouge et il y a des anomalies avec le super volcan Yellowstone. Voir les articles pour ces derniers.

Les astronomes, eux, ont déjà les yeux rivés sur le centre de la Voie lactée. Depuis la découverte du nuage en 2011 par des astronomes allemands, certains rêvent de se trouver aux premières loges pour cet exceptionnel spectacle. Car il s'agirait du plus gros repas du trou noir depuis des centaines d'années. "Tout le monde a envie de voir ça, c'est un événement si rare", a lancé l'Américaine Nathalie Dagenaar de l'université du Michigan, enthousiaste, lors du dernier congrès de l'American Astronomical Society. Pour l'occasion, l'équipe qu'elle dirige s'est offert les services du télescope Swift de la Nasa pour observer le trou noir, tandis que d'autres chercheurs se concentreront plutôt sur le comportement du nuage G2 depuis d'autres observatoires.

  

Mais, au fait, qu'est-ce qu'un trou noir ? Et comment se forme-t-il ? À cette question, les scientifiques n'ont encore que peu de réponses. D'autant que le terme générique pourrait dissimuler, dans ses ténèbres, des réalités plus ou moins diverses. Les trous noirs, au moins ceux dits stellaires, seraient le résultat final de l'explosion d'une étoile massive ayant fini par s'effondrer sur elle-même. Concernant les trous noirs supermassifs, comme Sagittarius A*, la science est déjà nettement moins au clair.

Pour l'heure, un trou noir est défini comme un corps céleste si dense, si compact qu'au-delà d'une certaine limite appelée horizon des événements, rien ne peut échapper au champ gravitationnel qu'il engendre. Autrement dit, le monstre attire tout ce qui s'approche d'un peu trop près de lui puis l'engloutit, lumière comprise ! De sorte qu'il est impossible d'observer directement un trou noir et encore plus de voir ce qui se trouve à l'intérieur. Toutefois, lorsque de la matière est aspirée par celui-ci, façon spaghetti (elle est longuement étirée), elle est chauffée à des températures extrêmement élevées et émet une quantité importante de rayons X que l'on peut en revanche observer. Il y a aussi les rayons Gamma qui sont relâchés dans le cosmos. Ces rayons sont plus dangereux que les rayons X. Ils peuvent produire des dégâts similaires à ceux produits par les rayons X et les autres rayonnements ionisants, tels que brûlures (effet déterministe), cancers et mutations génétiques .

 

C'est tout l'intérêt d'un phénomène comme celui qui se prépare. Les chercheurs veulent étudier la manière dont Sagittarius A*, relativement calme comparé à d'autres trous noirs du type supermassif, va dévorer le nuage G2 qui représente pas moins de trois fois la masse de la Terre. Le plus souvent, ses repas sont frugaux et donnent peu de grain à moudre aux scientifiques, mais, si une grosse quantité de matière était happée d'un coup, les choses pourraient être différentes. De là, ils espèrent pouvoir déduire certaines propriétés de Sagittarius A* et lever (peut-être) un coin de voile sur l'une des plus grandes énigmes de l'univers.

Car si les trous noirs sont le plus souvent vus comme des machines à détruire, ils rejettent aussi de la matière et les astrophysiciens pensent qu'ils pourraient avoir joué un rôle majeur dans l'évolution des galaxies. Reste que l'on ne sait pas vraiment comment la rencontre de Sagittarius A* et de G2 va se dérouler, le contenu exact du nuage étant inconnu. Si le nuage se compose quasi exclusivement de gaz tel que de l'hydrogène, le spectacle devrait être effectivement spectaculaire et de relativement longue durée. Toutefois, s'il abrite une étoile assez dense pour résister à l'appel du trou noir, Sagittarius A* pourrait ne gober qu'une portion du nuage et le "feu d'artifice" serait alors de moindre intensité.

* Sagittarius est situé au milieu de la Voie Lactée. 

Source: lepoint.fr / Wikipédia