Translate

lundi 5 février 2018

Faut-il redouter une frappe nucléaire russe?



Dans sa nouvelle doctrine nucléaire, Washington évoque un prétendu renforcement de l’arsenal nucléaire russe et une possibilité de première frappe émanant de la Russie comme une menace à la sécurité des États-Unis. Dans quelle mesure ses préoccupations sont-elles proches de la réalité?
La nouvelle doctrine nucléaire américaine, «Revue de la posture nucléaire», publiée le 2 février, considère la Russie et sa stratégie nucléaire comme un des principaux risques à la sécurité des États-Unis. Cependant, ces préoccupations et accusations de la partie américaine semblent ne pas être pleinement conformes à la réalité.
Selon sa doctrine militaire de 2014, Moscou fonde sa politique militaire sur le principe de prévention d'un conflit nucléaire autant qu'aucun autre conflit. Pourtant, l'arme nucléaire joue un rôle crucial dans la stratégie de sécurité russe, étant un des principaux moyens de la dissuasion stratégique. Mais pour accomplir efficacement cette tâche, les forces nucléaires doivent être maintenues à un niveau approprié.
Quant à l'utilisation d'armes nucléaires, elle est prévue dans la doctrine militaire russe, mais seulement dans des cas exceptionnels. Il s'agit d'une réponse à une frappe nucléaire ou d'autres types d'armes de destruction massive contre la Russie ou ses alliés. Moscou se réserve aussi le droit de faire usage du nucléaire militaire en cas d'agression avec utilisation de forces conventionnelles menaçant l'existence même de la Russie en tant qu'État.
Cela étant, la partie américaine s'appuie sur quasiment les mêmes principes dans ses documents officiels. Selon sa doctrine nucléaire, Washington entend développer ses forces nucléaires pour assurer sa sécurité nationale et est prêt à les utiliser dans des circonstances exceptionnelles pour protéger les intérêts vitaux des États-Unis et ceux de ses alliés.
Les capacités de Moscou de développer et d'utiliser ses armes nucléaires sont régulées et limitées non seulement par le cadre légal national, mais aussi par des accords internationaux dont la Russie est signataire.
Depuis la guerre froide, Moscou et Washington ont conclu de nombreux accords sur la limitation de leurs arsenaux nucléaires. Le dernier document dans ce domaine, le New START, a été signé par les Présidents Obama et Medvedev en 2010, à Prague. Ce traité réduit le nombre maximum d'ogives nucléaires déployées à 1.550 unités et leurs lanceurs, missiles balistiques, sous-marins et bombardiers stratégiques, à 700 unités pour chaque signataire. Cela dit, la modernisation des armes mentionnées est aussi prévue par le New START, tout comme des mesures d'inspection.
Il faut noter que la partie américaine est toutefois encline à réviser certains accords russo-américains sur le désarmement nucléaire. En 2002, Washington est sorti du traité ABM sur la défense antimissile. Ce départ et le développement du système américain de défense antimissile en Europe a mis en péril l'existence du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire, autre accord fondamental dans le domaine nucléaire.
Le 2 février, le Pentagone a publié sa nouvelle «Revue de la posture nucléaire» dans laquelle il se dit préoccupé par le développement des forces nucléaires russes. Parmi les autres menaces potentielles, sont cités la Corée du Nord, l'Iran et la Chine. Moscou juge que la doctrine en question revêt un caractère de confrontation et est orientée contre la Russie.
Source: sputniknews.com  

Soutenez mon site et offrez-moi un café au https://ko-fi.com/a2328kn MERCI

Aucun commentaire:

Publier un commentaire