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vendredi 4 mars 2016

Syrie: Washington s'en prend à Moscou pour complaire à la Turquie

Des combattants de Daech

                                 © AP Photo/ Uncredited/Militant Website

Soucieux de complaire à la Turquie, son principal allié au Proche-Orient, Washington présente les actions de la Russie comme des "erreurs grossières". Ankara s'efforce pour sa part de combattre les Kurdes et accuse les Etats-Unis de violence.

Pour faire plaisir à leurs alliés au Proche-Orient, en premier lieu à la Turquie, les Etats-Unis n'hésitent pas à accuser la Russie d'avoir commis des "erreurs stratégiques" dans le conflit syrien, affirme l'expert en géopolitique Adriel Kasonta dans un article spécialement écrit pour National Interest.

 

 

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La Russie aide l'Occident à combattre l'Etat islamique (Daech), mais l'opinion selon laquelle ce dernier constitue un "mal planétaire" n'est pas partagée par tout le monde aux Etats-Unis. Selon le financier et investisseur américain George Soros, la participation de la Russie au conflit syrien est une "erreur stratégique". Pire, les Etats-Unis et l'Union européenne se trompent en considérant Moscou comme leur allié potentiel dans la lutte contre Daech. Cette position de Soros s'explique par la crainte de voir Washington et Bruxelles gâter leurs relations avec Ankara, rappelle Adriel Kasonta.

 

"On a l'impression que les affirmations selon lesquelles la Russie a subi un «échec stratégique» en Syrie sont faites à la seule fin de ne pas mécontenter les Turcs très inquiets de voir la Russie renforcer sa coopération avec le Parti de l'union démocratique kurde", indique l'analyste.

 

 

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La Turquie déteste les Kurdes et les considère comme une menace plus grave même que Daech. Cependant, les Unités kurdes de protection du peuple figurent parmi les combattants les plus efficaces contre les djihadistes en Syrie. Mieux, ces unités constituent l'un des principaux alliés des Américains dans la lutte contre les terroristes dans ce pays. Après avoir échoué à gagner Washington à sa cause contre les Kurdes, Recep Tayyip Erdogan a déclaré que les Etats-Unis avaient transformé le Proche-Orient en "mer de sang", souligne Adriel Kasonta.

 

Quant à la coopération entre la Russie et les Kurdes syriens, le président turc y voit une tentative de Moscou d'affaiblir l'influence d'Ankara dans la région.

 

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L'ex-secrétaire d'Etat américain Henry Kissinger estime pour sa part que la coopération des Etats-Unis avec la Russie et les autres grandes puissances est indispensable pour contrer les menaces internationales. Selon lui, "dans le monde multipolaire qui se forme, la Russie doit être considérée comme un élément intégrant du nouvel équilibre des forces et non comme la principale menace pour les Etats-Unis".

 

Il n'en reste pas moins que Washington augmente le budget de ses forces déployées en Europe et tente de protéger l'Union européenne contre "l'agression russe". Cependant, à en juger d'après leurs dépenses militaires, les Européens semblent ne pas être préoccupés par cette "agression", conclut Adriel Kasonta.

 

Source: sputniknews.com