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jeudi 26 juin 2014

Les pesticides, principaux responsables de l'hécatombe chez les insectes ?


ARTHROPODES. C'est une étude à paraître qui donne froid dans le dos. Constatant un déclin des populations d'insectes un peu partout dans le monde, un groupe de chercheurs, menés par le biologiste suisse Maarten Bijleveld van Lexmond, décide, en 2009, de trouver l'origine du phénomène.

Ces derniers ont donc passé en revue toutes les causes possibles, en écumant la littérature scientifique depuis les années 1950. Intensification de l'agriculture, développement de grandes parcelles au détriment de l'habitat naturel, utilisation de pesticides et d'herbicides, développement des réseaux routiers, changement climatique, pollution lumineuse nocturne... autant de causes possibles à ce déclin que les chercheurs ont passées en revue.

Mais durant leur analyse, la trentaine de chercheurs impliqués dans ce projet à travers 15 pays différents a constaté un déclin particulièrement important des populations d'insectes vers le début des années 1990. Un déclin massif de nombreux arthropodes qui s'amorce en Europe de l'Ouest. Une date qui correspond à celle de l'introduction sur le marché d'une nouvelle famille d'insecticides : les néonicotinoïdes. Y a-t-il un lien de cause à effet ? Pour le savoir, les scientifiques participant à cette étude ont donc focalisé leurs recherches sur la littérature scientifique traitant de l'utilisation de ces nouveaux pesticides et de leurs effets sur la biodiversité et les écosystèmes.

AFFAIBLISSEMENT. Pas moins de 800 articles ont été passés en revue. Et le constat de ces chercheurs regroupés au sein de cette "Task Force" sur les pesticides systémiques est sans appel : les nénonicotinoïdes sont les principaux responsables du déclin des arthropodes, ce qui impacte également les populations d'oiseaux. Les premières conclusions de leur méta-étude devraient être publiées en huit articles pendant l'été dans la revue Environmental Science and Pollution Research, ainsi que dans le Journal scientifique Springer. Ils en détaillent les grandes lignes dans cette vidéo :

http://www.youtube.com/watch?v=3QceID-Vb64&feature=player_embedded#t=0

Ce résumé de leurs travaux explique que ces néonicotinoïdes sont épandus sur les cultures, ou directement sur les graines avant qu'elles ne soient plantées. Les molécules de pesticides pénètrent alors les cellules du végétal, et se retrouvent dans ses feuilles, ses fleurs comme dans ses fruits. Tout animal se nourrissant sur des végétaux ainsi traités ingère alors un peu de ces molécules toxiques.

C'est un peu comme si on prenait des antibiotiques en permanence. Mais la plus grande part de cet insecticide ne reste pas sur la plante. "Plus de 90% du produit file dans l'environnement, où il demeure pendant plusieurs années", chiffre Dave Goulson, professeur à l'Université de Sussex de Brighton, en Grande Bretagne. Et comme les campagnes d'épandage sont renouvelées régulièrement, ces pesticides s'accumulent lentement mais sûrement dans les sols, les nappes phréatiques et les cours d'eau. "C'est un peu comme si on prenait des antibiotiques en permanence pour ne pas tomber malade déplore Dave Goulson.

Et les conséquences seraient catastrophiques sur les insectes. Les effets liés à l'exposition à ces pesticides "peuvent être immédiats et fatals mais également chroniques", soulignent les chercheurs. Ces molécules neurotoxiques affectent la capacité des insectes à s'orienter, à voler, à s'alimenter, dégraderait leur odorat et réduirait leur fécondité ainsi que leur résistance naturelle aux maladies.

Vers de terre, amphibiens et oiseaux également touchés. Des symptômes que l'on retrouve chez les abeilles qui souffrent du syndrome d'effondrement des colonies. Et pour cause, selon les chercheurs responsables de cette étude, certains néocotinoïdes seraient entre 5000 et 10 000 fois plus toxiques pour les abeilles que ne l'est le DDT. Selon cette étude, d'autres espèces seraient également touchées, au premier rang desquelles les invertébrés terrestres, comme les vers de terre, indispensable maillon de la vie des sous-sols, mais aussi des invertébrés aquatiques, comme les gastéropodes d'eau douce et les puces d'eau. Et les oiseaux, les poissons et les amphibiens ne seraient pas non plus épargnés. Les chercheurs précisent ne pas avoir de données suffisantes pour déterminer leur impact sur les mammifères et les reptiles, même si un "impact est probable" sur ces derniers.

Extraits de Wikistrike

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