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jeudi 12 mai 2016

Déploiement du système antimissile US en Roumanie: "menace pour la Russie"

La Russie a vivement critiqué jeudi la mise en service du système de défense antimissile américain en Roumanie, dénonçant une "menace directe" pour sa sécurité et promettant en retour de renforcer ses capacités militaires. "C'est une menace directe pour nous. (...) Tout ça est à 100, 200, 300, 1.000% dirigé contre nous. Ce n'est pas l'Iran mais la Russie et ses capacités de dissuasion nucléaire" qui sont visées, a fustigé le président de la commission de Défense du Parlement russe, Vladimir Komoïedov, cité par l'agence Interfax. "C'est un pas de plus dans l'endiguement militaire et politique de la Russie", a abondé Andreï Keline, haut-responsable du ministère russe des Affaires étrangères, ajoutant que ce déploiement "ne peut qu'aggraver la situation déjà compliquée des relations" entre la Russie et l'Otan. "Nous le disons depuis le début (...), nous en sommes convaincus: le déploiement du système antimissile est en soi une menace pour la sécurité de la Russie", a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Ce projet, lancé en 2010, est présenté par Washington comme une protection face à l'Iran ou la Corée du Nord mais Moscou estime qu'il est dirigé contre ses capacités de dissuasion nucléaire. Il s'agit d'un grand sujet de discorde entre l'Otan et la Russie depuis plusieurs années. "Le président Poutine s'est demandé à de nombreuses reprises contre qui ce système est destiné (...) La situation avec l'Iran a drastiquement changé, mais la question reste d'actualité", a poursuivi M. Peskov, en référence à l'accord sur le nucléaire iranien trouvé en juillet 2015. Formé de missiles intercepteurs de type SM-2, ce système défensif est situé à Deveselu, dans le sud de la Roumanie. Il fait partie de la deuxième phase du projet de bouclier antimissile américain, après le déploiement d'un radar en Turquie et de quatre navires Aegis dotés de capacités de défense antimissile à Rota, en Espagne. La troisième phase vise la mise en place d'un système de défense antimissile en Pologne. Les travaux sur le site de Redzikowo, qui débutent vendredi, devraient être achevés fin 2018. La Russie a plusieurs fois exprimé son mécontentement concernant le déploiement du système de défense antimissile américain et d’autres équipements, pointant ainsi du doigt le renforcement de l’OTAN en Europe de l’Est près de sa frontière. De surcroît, l’OTAN poursuit ses exercices militaires dans les pays baltes, ignorant les demandes de Moscou de ne pas attiser les tensions. Le mois dernier, le secrétaire-adjoint de la Défense américaine, Robert Work, a accordé une interview au Wall Street Journal dans laquelle il a dévoilé que l’Alliance atlantique avait l’intention de déployer environ 4 000 soldats au total dans les pays baltes, à proximité des frontières russes, ajoutant que les deux premiers bataillons seraient fournis par les Etats-Unis, les deux autres par l’Allemagne et le Royaume-Uni. Fin avril, Sergueï Lavrov a averti les membres de l’OTAN que s’ils ne cessaient pas leur expansion en Europe orientale, la Russie serait prête à prendre des contre-mesures. Selon le ministre de la Défense russe Sergueï Choïgou, Moscou s’apprête à déployer deux nouvelles divisions à l’Ouest et une au Sud afin de faire face à une intensification de la présence de l’OTAN près de ses frontières. Sources: AFP et RT